Nous avons d’abord travaillé sur la définition des termes du thème de l’année 2025-2026, « La protection des mineurs contre les dangers des réseaux sociaux. »
La protection est l’action de défendre, l’aide. On pourrait ajouter : l’appui ; l’assistance ; le secours ; le soutien
Les mineurs ont moins de 18 ans, mais ce sont les moins de 15 ans qui sont concernés, ou les moins de 16 ans en Australie.
Un Réseau social est une plateforme sur internet qui permet des échanges d’informations. Nous avons trouvé quelques exemples : WhatsApp, Instagram, TikTok, Snapchat, Facebook, etc. On pourrait élargir la définition : un réseau est tout ce qui met en relation, en communication. Certains considèrent donc Youtube comme un réseau social, ou Wikipedia, ou les plateformes de streaming (comme Kick ou Twitch) ou de jeux (comme Reddit). Dès qu’il y a un contact entre un utilisateur d’internet et une plateforme de diffusion d’informations, on serait alors dans un réseau social. Pronote serait alors un réseau social.
Les dangers sont multiples. Notre classe en a trouvé 6.
1- Tout d’abord, on regarde des écrans. Donc on perturbe, le sommeil, la concentration.
2- Ensuite, les informations ne sont pas contrôlées, c’est-à-dire qu’on accède à tout, sans interdiction.
3- Le troisième danger, c’est l’addiction. C’est quand on ne peut plus se passer du plaisir qu’on trouve sur les réseaux.
4- Ensuite vient le harcèlement par les autres internautes. On devient alors une victime.
5- Cinquième danger : le piratage. On peut se faire voler son identité ou sa photo.
6- Le dernier danger que nous avons trouvé est celui qui explique l’importance des réseaux. Beaucoup d’argent est en jeu : les GAFAM sont très riches et ont les moyens de faire pression. GAFAM est l’acronyme de G = Google, A = Apple, F = Facebook devenu Meta, A = Amazon, et M = Microsoft. Elles sont appelées les Big Five.
Nous avons ensuite fait des recherches sur le thème des réseaux sociaux. Nous avons lu six articles du journal Le Monde.
• Le premier article concernait une tribune de députés européens. Titre de l’article = « Pour protéger les plus jeunes sur les réseaux, établissons en Europe l’âge de la majorité numérique à 15 ans ».
L’auteur explique que les réseaux sociaux sont des outils formidables qui ouvrent sur le monde. MAIS ils présentent des risques énormes comme l’anxiété, les mutilations ou le Cyberharcèlement.
Les députés européens estiment qu’il faut un certain âge pour maîtriser les contenus des réseaux sociaux, de même qu’il faut avoir 16 ans pour conduire. C’est le même principe. Donc, ils proposent d’établir la majorité numérique à 15 ans, ce qui obligera les plateformes à vérifier l’âge des utilisateurs.
• Le deuxième article abordait un point difficile. Comment vérifier l’âge de celle ou celui qui se connecte. On a donc mis au point un outil européen pour vérifier l’âge des internautes. Titre de l’article : « La Commission européenne lance un prototype d’application de vérification d’âge des internautes ». Dans certains cas, et depuis longtemps, les plateformes doivent vérifier que l’utilisateur est majeur, par exemple pour les jeux d’argent ou la vente de produits illicites comme l’alcool. La commission européenne propose d’étendre cette vérification aux moins de 15 ans pour les réseaux. Mais avec plus de garanties.
• Le troisième article concernait aussi les moyens de faire vérifier son âge. Titre de l’article : « Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : pourquoi tout le monde devra bientôt faire vérifier son âge » Le problème, c’est que tout le monde devrait prouver son âge, y compris les adultes. Il sera donc plus compliqué de se connecter à un réseau, même pour les adultes. Les GAFAM ne sont donc pas contentes, car elles vont perdre des clients.
La procédure risque d’être lourde. Il ne faut pas que le réseau social connaisse les documents qui ont servi à prouver l’âge, ni que l’organisme qui fournit la preuve de l’âge connaisse le nom du site consulté. C’est ce qu’on appelle le « double anonymat ».
La Commission européenne souhaite aussi interdire les captures d’écran des contenus postés par des mineurs de 15 à 18 ans et rendre leurs comptes uniquement accessibles à leurs amis. On ne peut donc pas faire autrement que de vérifier l’âge.
• Le quatrième article critiquait l’obligation de faire vérifier son l’âge. Son titre est : « Pourquoi la généralisation du contrôle de l’âge inquiète les défenseurs des libertés numériques » Plusieurs personnes ont critiqué l’obligation de faire vérifier son âge.
D’abord, cela génère des données comme la photo, ou la date de naissance, ou le scan de sa pièce d’identité. C’est une aubaine pour les pirates.
Les plateformes risquent de s’autocensurer, et de supprimer des contenus utiles. Par exemple, les informations sur le cancer du sein, juste parce qu’il y a le mot « sein ».
On peut facilement tromper sur son âge. C’est donc un faux remède miracle.
L’auteur de l’article conclut que mieux vaudrait sensibiliser les parents et éduquer les enfants.
• Le cinquième article allait plus loin. Si on ne peut pas vraiment vérifier l’âge, qui va se charger d’interdire les réseaux sociaux aux mineurs de moins de quinze ans ? Ce seront les parents, bien sûr. Titre de l’article : « On demande aux parents de faire le “sale boulot” que l’État refuse d’imposer aux géants du numérique »
L’auteur explique que les réseaux sociaux nous rendent malades, « drogués ». Or, dans tous les secteurs qui vendent des produits dangereux (pharmacie, automobile, jouets par exemple), c’est au fabricant de prouver que son produit est sans danger. Pourquoi pas les réseaux sociaux ?
L’auteur est contre l’interdiction des réseaux sociaux aux mineurs parce qu’il pense que cela aggrave le problème. En effet, on tient le raisonnement suivant : puisque le produit est interdit aux jeunes, pas besoin de démontrer qu’il est sans danger.
L’auteur dit que le numérique est le seul secteur où l’on met sur le marché des produits pour les enfants sans avoir à prouver qu’ils sont sans danger. « Nous certifions les jouets, les crèmes hydratantes et les lunettes, pourquoi pas les réseaux sociaux ? ». L’auteur veut donc qu’on mette en ligne des contenus certifiés sans danger pour les enfants.
• Le dernier article présentait le cas de l’Australie qui a devancé la France et l’Europe.
Nous avons lu en réalité deux articles. « Les débuts balbutiants de l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans » et le deuxième « Meta demande à l’Australie de revenir sur l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans. »
En Australie, 96 % des 10-15 ans utilisent des réseaux sociaux. C’est beaucoup plus qu’en Europe.
Le 10 décembre dernier, le gouvernement australien a décidé d’interdire les réseaux sociaux au moins de 16 ans. Mais c’est avec un système différent de celui du double anonymat adopté par l’Europe qu’on a vu dans le troisième article. Les plateformes elles-mêmes doivent vérifier l’âge. Elles utilisent alors une webcam ou le scan de la pièce d’identité. Il est donc facile de tricher, de donner une fausse photo par exemple. Meta annonce avoir bloqué 544 000 comptes d’adolescents, mais proteste contre la loi.
Toutes nos réflexions ont un peu été dépassées par la loi 23 janvier 2026, qui porte sur les réseaux sociaux.
Avant le vote de la loi, les députés ont constitué une commission d’enquête sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs. Une commission d’enquête est une étude conduite par quelques députés, qui posent des questions aux gens qu’ils convoquent. Nous avons regardé quelques extraits de l’audition des parents des victimes de Tiktok : les ravages sur les enfants produisent des cas mortels.
Les motifs de la loi du 23 janvier 2026 exposent les raisons qui ont conduit à proposer la loi. La rapporteure insiste sur le danger des réseaux sociaux pour les enfants : les contenus ne sont pas modérés, et les algorithmes sont très efficaces pour enfermer les usagers dans les spirales de violences, de promotion de l’automutilation ou du suicide. Aucun réseau social ne peut être qualifié d’éthique (l’éthique c’est le respect de la morale et de l’être humain). La rapporteure conclut donc que la loi doit éviter les drames.
La loi contient 7 articles.
• article 1 : Il interdit l’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans. La loi précise que les comptes déjà ouverts par des mineurs seront suspendus. Les plateformes ont l’obligation de contrôler l’âge. On met en place un couvre-feu numérique pour les 15-18 ans, c’est-à-dire une impossibilité de se connecter pendant les heures de sommeil (22h-8h). Les interdictions ne s’appliquent pas aux encyclopédies en ligne ni aux répertoires éducatifs.
• article 2 : De lourdes amendes sont prévues, jusqu’à 150 000 euros.
• article 3 : Informer sur les risques. Il faudra une information sur les risques pour la santé au début des messages publicitaires pour les réseaux sociaux, et les emballages des smartphones devront comporter des messages du type : « déconseillé aux mineurs de moins de 13 ans ».
• article 4 : il concerne l’éducation au numérique. Il faudra informer sur les dangers pour la santé mentale dès l’école primaire, sur le harcèlement, et sur l’impact environnemental.
• article 5 : Un bilan dans trois ans. Ce bilan pourra faire changer la limite d’âge.
• article 6 : Interdiction des portables au lycée. Ce serait donc comme au collège : les députés disent que les résultats au collège sont très encourageants.
• article 7 : Création d’un délit de négligence numérique. Ce délit concernera les parents négligents, mais seulement dans trois ans, pour laisser le temps aux parents de s’informer.